Inguimbertine, suivez le guide : Quand le chantier devient musée

Alors que les activités de l’Inguimbertine suivent leur cours entre lecture publique et expositions, le chantier du musée lui, se poursuit : de la restauration des oeuvres à l’aménagement du lieu.

Restauration des oeuvres

Des oeuvres, telles que « L’adoration des mages », une des oeuvres majeures du musée, ont été étudiées au Centre Interdisciplinaire de Conservation et de Restauration du patrimoine (CICRP).

Ces études permettent de déterminer les cahiers des charges de la restauration des oeuvres sur lesquels, s’appuieront les appels d’offres pour la restauration des oeuvres qui seront exposées à terme au musée. L’ensemble des objets sera exposé dans des vitrines similaires à celles qui protègent le globe et les instruments de musique au coeur de la bibliothèque.

Ces vitrines seront réalisées par l’entreprise Goppion qui avait déjà réalisé celles de la tranche1 du chantier. Cette entreprise italienne a notamment réalisé les vitrines de « La Joconde » au musée du Louvre ou des « joyaux de la couronne d’Angleterre ».

Chantier du Musée

Dans les étages supérieurs de l’hôtel-Dieu le chantier du musée avance. Les planchers qui avaient détruits ont été reconstruits dans l’objectif de pouvoir supporter de très lourdes charges (800 kg par mètre carré). Les poutres ont été renforcées avec des IPN et les planchers installés utilisent des matériaux de très grande solidité.

L’ensemble des plafonds des salles d’exposition ont été achevés, les sols sont eux aussi préparés pour accueillir notamment les réseaux électriques. Dans la future grande salle d’exposition, les enduits ont été testés, tout comme les couleurs ce qui permet de voir, en condition, les choix de l’équipe d’architectes.

 

 

Les événements de l'Inguimbertine

La bibliothèque-musée organise très régulièrement des expositions, animations et conférences dans ses locaux. À l’automne, l’exposition Graphimix a mis en lumière des travaux de détournement d’oeuvres de l’Inguimbertine exposées dans la bibliothèque mais aussi affichées aux quatre coins du centre-ville. Lors des Noëls Insolites, l’Inguimbertine à l’hôtel-Dieu est devenu Le Château de Léon et a accueilli des animations autour de Léon, le dragon emblème du festival mais aussi des projections de films et lectures. Pour l’hiver, les événements se préparent et notamment l’exposition d’une partie de « Inventaire d’inventions (inventées) » qui présente la création d’objets imaginés dans les oeuvres littéraires comme celles de Jules Verne ou de Boris Vian.

Au coeur du chantier

Alessandro Goppion
Entreprise Goppion

Quel est exactement votre métier ?
Goppion est le leader mondial en conception et réalisation de vitrines et d’installations muséales, qui associent des prestations ultra-modernes de conservation préventive à un design raffiné.

Pouvez-vous nous présenter Goppion et évoquer quelques travaux qui ont été réalisés par votre entreprise ?
Fondée en 1952 par l’ingénieur Nino Goppion, la société basée à Milan réalise en 1958 ses premières vitrines techniques pour musée. Goppion a travaillé, et travaille toujours, pour les plus illustres musées des cinq continents. Certaines icônes du patrimoine culturel mondial, comme « la Joconde », sont protégées par des systèmes Goppion.

Avez-vous déjà travaillé à l’Inguimbertine ?
Goppion a créé en 2015 les vitrines qui exposent et protègent les instruments de musique. Elles sont caractérisées par des systèmes de contrôle de l’hygrométrie, capables de réguler les paramètres ambiants internes afin de préserver au mieux la collection. Les vitrines garantissent au personnel du musée un accès facile aux collections et un niveau élevé de sécurité pour les oeuvres.

Qu’est-ce qui est spécifique sur ce chantier ?
Dans la deuxième phase du chantier, Goppion réalisera des vitrines grand format, des socles et différents systèmes de présentation d’objets. Afin de respecter les demandes des architectes et muséographes, nos bureaux d’étude et équipes de conception travaillent de pair pour créer des solutions sur mesure, parfaitement fonctionnelles et qui seront intégrées au bâtiment. Le public pourra constater que la barrière physique, qui sépare l’oeuvre et en permet la préservation, tend à disparaître pour ne pas en perturber l’observation et le plaisir. Une grande partie de nos recherches sont conduites dans ce sens, pour que rien ne détourne l’attention de l’oeuvre d’art que nos vitrines sont vouées à conserver.

Sommaire du magazine 160 - Janvier Février 2020