La fraise dans tous ses états !

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Lorsque l’on pense au terroir Carpentrassien, vient directement à l’esprit la fraise de Carpentras. Le fruit rouge, fer de lance culinaire de notre territoire, est chargé d’histoire. Elle célèbre cette année son statut de « marque » territoriale. Découvrez la fraise, par ceux qui la font, de la production à la promotion.

La plantation des premières fraises de Carpentras remonte à la fin du XIXe siècle. Depuis les variétés cultivées ont évolué, tout comme la manière de produire les fruits. Pour ses amateurs, elle est la plus rouge, la plus charnue, la plus parfumée : c’est la meilleure de toutes les fraises.

Dans le Vaucluse il y a environ cent cinquante producteurs de fraises sur deux cent cinquante hectares de production, qui, chaque année, produisent environ six mille tonnes de fraises. Cette production devrait rapide ment atteindre les huit à dix mille tonnes annuelles.

Aujourd’hui la fraise la plus cultivée dans la région de Carpentras est la Cléry. Les Gariguettes et Ciflorettes sont aussi produites dans la région mais dans de plus faibles quantités. A partir de la fin du mois de février, les premières fraises arrivent et les gourmands pourront en profiter jusqu’au mois de juin. Cette période de consommation dépend du type de production des fruits, par exemple les premières fraises que l’on peut consommer sont produites en serres chauffées.

De la pleine terre au hors sol

Différents types de productions de fraises sont réalisés autour de Carpentras. La fraise hors-sol représente environ deux tiers de la production. Les plans de fraises y sont élevés en mottes, dans de grands sacs où ils sont arrosés et reçoivent les nutriments nécessaires à leur pousse. Avec ce système de plantation, il y a moins de risque de maladies, plus de rentabilité et les fruits sont plus facile à ramasser. Une partie de la production est réalisée, en pleine terre et profite ainsi du terroir local qui fait le gout de la fraise de Carpentras. Les fraisiers sont plantés dans le sol, un tuyaux les arrose régulièrement et un film plastique les protège des mauvaises herbes tout gardant l’humidité.

Enfin, certains producteurs possèdent des parcelles « plein champ ». Ces parcelles demandent plus de travail, car elles sont plantées au mois de juillet pour assurer une production au printemps de l’année suivante. La plupart des agriculteurs font appel à cette technique traditionnelle pour assurer la continuité de la production au moment du « creux » du mois de mai. Ce sont par ailleurs les fruits de plein champ qui ont un meilleur goût.

Quel que soit le mode de production, le plan de fraise doit recevoir un temps de froid avant d’être planté, c’est ce que l’on appelle un tréplan. Pour la Cléry ce quota de froid est d’environ 800 heures. La plantation de fraises a lieu au mois de décembre, les fleurs apparaissent en février et donnent les premiers fruits en mars. Les meilleurs fruits arrivent en avril, ce sont ceux qui ont reçu le plus de soleil.

La Fraise, premier fruit du printemps, suscite de nombreuses émotions, notamment parmi les membres de la confrérie, amoureux de ce produit.

 

 

 

La promotion de la fraise par la Confrérie

La Confrérie a été créée par Robert Rouch et Daniel Delanoy, en marge de la fête de la fraise de Velleron en 1999, et compte aujourd'hui treize membres originellement issus de la lière de la fraise (emballage, distribution, production).

Depuis ses débuts, la Confrérie de la fraise fait parler son fruit de prédilection. Son objectif est de promouvoir le fruit rouge carpentrassien sur un plan local, national et même international lors de salons, fêtes et autres rencontres notamment auprès de personnalités politiques et médias. Cette présence auprès des médias permet de promouvoir la fraise à travers des articles et reportages dont l’effet est similaire à une publicité. Auprès des collectivités, politiques et administrations, les membres de la confrérie mettent en avant un terroir et un produit de grande qualité.

Chaque année au printemps la confrérie se déplace à Paris. Elle était à la fin du mois de février au Salon de l’agriculture, sur les stands du département et de la Région et, dans sa lancée, a profité de l’occasion pour se rendre au Palais de l’Elysée et dans les médias. La fraise de Carpentras sera mise à l’honneur à la Foire d’Avignon mais pas que, car elle sera également sur le rocher de Monaco à la fin du mois d’avril.

C’est grâce à ces rencontres, notamment au ministère de l’agriculture, que la question de la protection du produit « fraise de Carpentras » s’est posée car, en effet, la fraise de Carpentras n’était en aucun cas une appellation protégée. Avec le soutien du ministère de l’agriculture et la collaboration de la mairie de Carpentras, le nom « Fraise de Carpentras » a été déposé à l’INPI et porte aujourd’hui le statut de marque.

Une marque pour la fraise de Carpentras

Le mardi 24 janvier, la Confrérie de la Fraise et la Ville de Carpentras ont signé une Charte qui protège le fruit. Dorénavant, la mention « Fraise de Carpentras – du Comtat Venaissin » sera apposée sur les emballages des producteurs de fraises signataires. Ceux-ci devront répondre à des critères de qualité, de conditionnement et de territoire, le Vaucluse.

Cette marque va protéger la Fraise de Carpentras, appellation qui était utilisée sans limite par des producteurs, par exemple dans le sud-ouest de la France.

Pour les producteurs du Comtat Venaissin elle est valorisante. Pour le consommateur elle est le gage d’un produit de qualité, d’une recherche de goût avant tout et assure que la fraise provient bien de Carpentras et ses environs. Pour la Ville, la Confrérie, les producteurs, cette marque était nécessaire pour protéger ce produit de qualité et son terroir sur un marché international.

La prochaine étape, pour les acteurs de la « marque fraise », est une demande d’IGP (Indication Géographique protégée). Cette appellation identifie un produit agricole dont la qualité et la réputation sont liées à son origine géographique ainsi qu’à un savoir-faire. Cette labellisation risque de prendre un certain nombre d’années et va nécessiter une forte implication du monde agricole, elle serait un grand pas en avant pour la Fraise de Carpentras. Affaire à suivre !

 

 

 

Reportage