
Au XVIIe siècle, dans l’atmosphère de reconquête catholique suscitée par le concile de Trente (1545-1563), plusieurs communautés féminines s’installent à Carpentras : Carmélites (1627), Ursulines (1627), Visitandines (1674) ... Ces dernières sont des religieuses contemplatives. Elles appartiennent à l’ordre de la Visitation que saint François de Sales, évêque de Genève, a créé en 1609.
Les religieuses, filles de la noblesse comtadine, obtiennent de l’évêque de Carpentras l’autorisation de construire un vaste couvent qui occupe tout l’îlot 35, jusqu’à la porte d’Orange. La chapelle, orientée nord-sud est consacrée en 1717. Ses dispositions sont traditionnelles : une nef unique de trois travées et deux niveaux d’élévation.
L’édifice a reçu un décor peint de goût italianisant, fait de faux marbres polychromes, rehaussé de gypseries délicates. Le portail s’inscrit dans une embrasure profonde que surmonte un fronton cintré. Une baie rectangulaire et un clocher percé d’une ouverture allègent le mur pignon.
Le couvent est vendu comme bien national en 1796 et le mobilier dispersé. La confrérie des Pénitents Gris installée jusqu’ici dans la chapelle Saint-Etienne, au nord du cloître de la cathédrale, acquiert l’église de la Visitation en 1817. Vêtus d’un costume couleur de cendre, les Pénitents Gris se vouent au culte du Saint-Sacrement, ils donnent des messes quotidiennes et organisent les processions de la Fête-Dieu. En 1936, le musée lapidaire s’installe dans le bâtiment et y expose des objets mobiliers ayant appartenu aux Pénitents (costumes, lanternes, hallebardes, ...).
680000€
de travaux pour la rénovation de la place d’Inguimbert