
Avant d’héberger la cour de justice, le palais épiscopal abritait la cour du cardinal Bichi, qui l’a fait construire et lui a donné tout son faste.
Monseigneur Alessandro Bichi, cardinal-évêque de Carpentras dès 1630, fait construire un nouvel évêché à partir de 1640 par l'architecte avignonnais François Royers de la Valfrenière. Originaire de Sienne, l’homme d’église choisit d’édifier un bâtiment dans le style des palais italiens (balcon saillant, pilastres à bossages, corniche … ). Une grande fresque peinte dans la salle principale, occupant presque un quart de la hauteur de la pièce et ses quatre murs, est attribuée tantôt à Pierre Mignard (frère de Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon) tantôt à Giovanni Romanelli. Elle représente des personnages mythologiques et allégoriques (les trois Parques, Hercule, la Force, la Justice … )
Sans doute Mgr Bichi voulait-il reproduire les magnificences des cours de l’Italie, ou bien est-ce la faute de ses deux frères désœuvrés et tant accusés d’exploits galants que le Pape lui donna l’ordre
de s’en séparer : toujours est-il que la résidence de l’évêque accueille alors clercs, nobles et galantes au cours de bals, de festins et de comédies. « Akébar Roi du Mogol », œuvre de l’abbé Mailly est ainsi le premier opéra français représenté à Carpentras en 1646, preuve de la vocation théâtrale de la cité.
De 1646 à 1648, une seconde campagne de construction est menée avec le maître-maçon de Cavaillon, Bernard Moureau, un sculpteur carpentrassien, Charles Coudray et le menuisier Nicolas Jacquin.
Le palais épiscopal devient palais de justice en 1801 après le Concordat (traité entre le Saint-Siège et l’État) qui prévoit la suppression de l’évêché de Carpentras. Entre 1792 et 1811, il abrite les délibérations municipales.
Au XIXème siècle, des cloisons et faux planchers ont été rajoutés, recouvrant malheureusement certaines peintures ; par exemple Adam dans une scène du paradis perdu …
Sources : Biographies de l’architecte Léon Charvet ; Histoire de Carpentras, ancienne capitale du Comtat Venaissin de J. Liabastres

Avans que de recata la court de Justiço, lou palais episcoupau assoustavo la court dóu cardinau Bichi que l’a fa basti e i’a douna touto sa glòri.
Mounsegne Aleissandre Bichi, cardinau e evesque de Carpentras tre 1630 fai basti un nouvèl evescat à counta de 1640 pèr l’architèite avignounen Francés Royers de la Valfrenière. Nascu à Sienno, lou prelat fait la chausido d’edifica un bastimen dins l’estile di palais italian (bescaume saliènt, pilastre en boussage, cournisso,…). Uno grando fresco pintado dins la salo majouralo que tèn quàsi un quart de l’autour dóu membre e de si quatre paret es atribuïdo quouro à Pèire Mignard (fraire de Micoulau Mignard, di Mignard d’Avignoun), quouro à Giovanni Romanelli.
Retrais de persounage mitoulougi e alegouri (li tres Parco, Ercule, la Forço, la Justiço…) Mounseigne Bichi, proubable, voulié-ti retipa li resplendour di court d’Itàli, o es-ti la fauto de si dous fraire desoubra e tant acusa de gourrinige que lou papo ié baiè l’ordre de se n’en dessepara : lèvo pas que la residènci de l’evesque recato alor clergue, noble e trevandiero dins de balèti, de festin e de coumèdi. « Akebar, Rèi dóu Mogol », obro de l’abat Mailly es ansin lou proumier opera francés representa à Carpentras en 1646, provo de la voucacioun tiatralo de la ciéuta.
De 1646 à 1648, lou mèstre-massoun de Cavaioun, Bernat Moureau, meno uno segoundo campagno de coustrucioun emé l’escultour Carpentrassen Carle Coudray e lou menusié Micoulau Jacquin.
Lou palais espicoupau s’endevèn palais de justiço en 1801 après lou Councourdat (tratat entre lou Sant-Sèti e l’estat) que prevèi l’aboulimen de l’evescat de Carpentras. Entre 1792 e 1811 sousto li deliberacioun municipalo.
Au siècle dès-e-nouven, i’apoundon de buget e faus voutin qu’escoundon ai-las ! d’ùni pinturo coume Adam dins uno sceno dóu Paradis perdu.
Sourso : Biougrafìo de l’architèite Leoun Charvet ; Istòri de Carpentras, anciano capitalo de la Coumtat de Venisso de J. Liabastres.
Revira au prouvençau pèr R.Arnaud
Emé lou soustèn dóu Couleitiéu Prouvènço
http://www.collectifprovence.com/ (lien externe)
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