Ville de Carpentras

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Catherine Gomez-Bellomia

Après cinq années de recherche, Catherine Gomez-Bellomia vient de publier sa thèse en sociolinguistique, qui lui confère le titre prestigieux de docteur en Sciences du Langage. Elle se souvient de sa scolarité passée à Carpentras, de ses institutrices et de ses professeurs…

 

Quelles études universitaires avez-vous suivies ?

Après le bac, je me suis inscrite à la fac de Lettres d’Avignon, où j’ai obtenu une maîtrise de Lettres Modernes. Au départ, je voulais être professeur de français, puis j’ai découvert la sociolinguistique dans un des modules de licence. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que je ne voulais plus enseigner mais faire de la recherche dans ce domaine-là. La sociolinguistique, c’est l’étude du langage sous un aspect sociologique, l’analyse de ce qui est dit. Je me suis vraiment prise de passion pour cette discipline. J’ai ensuite fait mon DEA en Sciences du Langage à Aix-en-Provence. A la fin du DEA, j’accouchais de mon troisième enfant et quinze jours après, je m’inscrivais au Laboratoire Identité Culturelle, Textes et éâtralité (ICTT) à l’université d’Avignon, pour me lancer dans une thèse.

 

Sur quoi portent vos recherches ?

« Reconstruction identitaire dans le discours des Pieds-noirs » est le titre de ma thèse, que j’ai soutenue en décembre 2009, et pour laquelle j’ai obtenu la mention très honorable. C’est un document qui fait 330 pages pour l’analyse, et autant pour le corpus. L’université la diffuse dans les bibliothèques en ligne. Vous pouvez la consulter sur internet, mais elle a aussi été publiée aux éditions universitaires européennes. C’est un sujet intéressant car personne auparavant n’avait traité le sujet des Pieds-noirs à la fois sur le plan linguistique et sociologique.

 

Pourquoi le sujet des Pieds-noirs ?

Mon sujet de mémoire de DEA portait déjà sur le thème de l’identité des Pieds-noirs, mais comme en un an, on a juste le temps de survoler le sujet, je l’ai approfondi en doctorat dans ma thèse. Comme je suis moi-même d’origine Pied-noir, ce sujet m’a beaucoup parlé. Evoquer ses origines avec son entourage, cela peut parfois être quelque chose de tabou et difficile, c’est la raison pour laquelle les personnes que je suis allée interroger pour ma thèse ne font pas partie de ma famille. Elles se sont senties libres de me dire les choses et cela m’a permis d’avoir différents points de vue sur le déracinement, la guerre d’Algérie, et d’autres évènements. J’ai pu travailler de façon objective et cela m’a beaucoup appris sur mes ancêtres, les colons. Cette recherche a été très importante pour moi. Mon directeur de recherche a même appuyé le fait qu’elle avait été thérapeutique pour moi. Les Pieds-noirs sont une communauté qui va être amenée à disparaître d’ici quelques années et cette thèse, c’est aussi un moyen de leur rendre hommage car ils sont encore très présents à Carpentras.

 

Parlez-nous de votre scolarité.

Je suis née à Carpentras, j’ai grandi aux Amandiers où je suis allée à l’école maternelle et primaire. Je me souviens très bien de toutes mes institutrices, du nom de chacune. Je suis ensuite allée au collège Raspail puis au lycée Fabre, jusqu’à mon bac. Ma réussite, c’est aussi la réussite de toutes les personnes qui sont intervenues tout au long de mon parcours scolaire. J’ai eu affaire à des institutrices de français très rigoureuses et très sérieuses et je suis intimement convaincue que ce sont elles qui m’ont appris les bases et c’est grâce à ces bases solides que j’ai réussi. Ma chance a été que la plupart de mes enseignants m’ont donné le goût d’apprendre et de développer mon esprit d’analyse, et mon sens critique. C’est important de rendre à César ce qui est à César. C’est quelque chose qui me tient à coeur car je n’oublie pas d’où je viens, je n’oublierai jamais. Ce n’est pas parce que l’on a grandi aux Amandiers qu’on ne s’en sortira pas. Quand on se donne les moyens, on peut atteindre des sommets !

 

Quels sont vos projets ?

Juste avant de soutenir ma thèse, je me suis inscrite dans un centre de formation, où j’ai suivi des cours par correspondance dans le développement personnel et le coaching, pour créer mon entreprise dans la gestion du stress et la communication. Le langage sera la base de ces formations, c’est ce qui fera la différence et qui rendra ces formations pertinentes. La thèse m’a aussi aidée à créer : la formation que je propose, je l’ai conçue moi-même, avec des modules uniques. Ces formations s’adresseront aux entreprises où le stress est particulièrement présent, et plus tard, je compte proposer un troisième pôle de formation : la remise à niveau en français…

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