

Christian Guérin, à travers sa présidence au sein du Comité Écologique, fédère les citoyens autour des enjeux environnementaux qui lui sont chers
J'ai effectué ma carrière professionnelle à France Télécom dans une période où il fallait développer le réseau de télécommunications. Muté à Carpentras en 1966, je me suis attaché à ce que ce développement respecte le plus possible les paysages du Comtat. Au sein d'un bureau d'études dans lequel je travaillais, nous avons pu réaliser l'enfouissement des câbles téléphoniques sur certains secteurs, concevoir des opérations de "dissimulation réseau" dans nos beaux villages Provencaux, ou encore, utiliser les supports EDF, évitant ainsi la prolifération de poteaux disgracieux. Toutes ces opérations rentraient dans ma conception de la protection de l'environnement.
Avant de prendre ma retraite en 1995, je me suis engagé auprès de l’ACSVN, Association Carpentrassienne de Sauvegarde de la Vie et de la Nature, investie contre les nuisances sonores de l’aérodrome et de la piste de karting. Puis, à ma retraite, j’ai adhéré tout naturellement au Comité Écologique comme simple militant. Quelques années plus tard, je suis devenu président du comité, par l’encouragement des autres membres. Je ne pense pas avoir de compétences particulières, mais j’ai su fédérer et rassembler des talents autour de l'écologie, des hommes et des femmes motivés et de toutes professions. J'ai beaucoup appris à leur contact car chacun a des connaissances et aptitudes particulières dans des domaines différents
Le Comité Écologique est un lieu d’échange, de rencontre, d’amitié, de travail collectif et j’ai beaucoup de plaisir a travailler avec tous les membres adhérents. On a toujours considéré les « écolos » comme des « babas cool », maintenant, on dit de nous que nous sommes des « bobos » (bourgeois bohèmes) : des gens qui ont de l’argent et des idées utopiques. Je m’élève contre cette idée, au Comité Ecolo, nous ne sommes ni babas, ni bobos, nous avons des convictions et nous essayons de nous en rapprocher au maximum. Nous sommes apolitiques, notre rôle est de questionner en permanence les élus de tous bords, de la commune et de la COVE, de faire des propositions et de faire en sorte que chacun accorde une importance à l’environnement.
Nous oeuvrons, entre autre, pour le développement des réseaux de pistes cyclables à Carpentras, pour mener des actions de sensibilisation à l’environnement, nous avons d'ailleurs commencé à mettre en place des groupe d’éducation à l’environnement. Par ailleurs, le comité écologique fait paraître une revue gratuite le libre canard, de plus en plus lue depuis 1996.
D'une part, il y a une explosion démographique : nous sommes passés de 1 milliard d'individus en 1800 à 6 milliards aujourd'hui, ce qui implique inévitablement beaucoup plus de transports, de déplacements et donc forcément une augmentation de la pollution. Mais d'autre part, il y a une réelle prise de conscience de la part des gouvernements, on l’a vu à Copenhague et au Grenelle de l'environnement où une nouvelle politique de transport a été suggérée.
Tout cela est très complexe car l’écologie est très liée à l’économie. A-t-on besoin de tout ce que l’on fabrique ? Je ne pense pas. Mais si l’on arrête de produire, cela va forcément créer du chômage ! Il serait possible de créer des emplois dans les énergies vertes, dans l’agriculture bio, ou dans l’habitat, car il existe un marché considérable dans ces domaines là, mais avant cela il faudrait passer par une décroissance raisonnable et équitable des pays les plus riches. On ne peut pas se servir sans contrôle des ressources de la planète et dire tant pis s’il ne reste plus rien. Il est encore possible de changer, il faut qu’il y ait une prise de conscience collective, des actions mises en place et ce sera aux nouvelles générations de prendre le relais.
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