Ville de Carpentras

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Emmanuelle Rousse

Professeur de danse à la MJC et à l’initiative de la compagnie « Temps de flèche » qui organise des stages avec des pointures internationales, Emmanuelle Rousse vit et transmet sa passion.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis presque née avec des chaussons aux pieds ! J’ai commencé à 2 ans1/2 par des “cours d’expression corporelle”, puis je n’ai jamais arrêté de danser : Conservatoire dans le 5ème et le 12ème  arrondissement de Paris, Centre de danse du Marais, école de danse à Rome. Puis, à l’École Paul et Yvonne Goubé, où j’ai eu de très grands professeurs de l’Opéra : Pascal Vincent et Roland Duflot, professeur au ballet de Paris. J’ai aussi dansé à l’Opéra Comique. Il y a quelques années, on m’a proposé de remplacer un professeur à la Charité : J’ai pris un goût terrible à l’enseignement ! J’avais déjà donné des cours à des personnes aveugles mais je ne m’étais jamais projetée. Ça a été un coup de foudre, et les élèves étaient conquises. Je me suis proposée à la MJC l’année d’après, en 2002.

Pourquoi votre préférence va à la danse classique ?

Elle apprend la discipline, la compréhension et le placement du corps. On a la capacité d’aborder toute activité physique après. Il est important de passer par le classique, on voit nécessairement la différence : on peut s’ouvrir à autre chose, mais avec un “vocabulaire” plus riche. Je pense qu’il faut l’englober dans l’enseignement quand on est professeur de danse contemporaine ou de jazz. C’est un art très difficile qui apporte beaucoup de plaisir et demande une volonté perpétuelle.

Vous avez une classe de pré-professionnelle, comment les préparez-vous ?

Préparer les élèves à ce qui les attend, c’est une sacrée lutte ! Elles sont entre 12 et 14 futures danseuses professionnelles à venir quatre fois par semaine. J’ai aussi créé une classe danse-étude avec le collège Fabre pour la rentrée prochaine de manière à aménager leurs horaires en fonction de leurs cours.

Il faut un potentiel mais aussi beaucoup de travail, c’est important de se dire que c’est possible avec la volonté. Le mental intervient, car ce n’est pas évident d’assumer les auditions en plus de l’école. Je les prépare à la réussite mais aussi à l’échec, pour qu’elles repartent sans se sentir moins douées. Les auditions servent à sélectionner, pas à casser : on est pris par rapport à ses compétences, non par rapport aux autres. Je suis contente qu’il n’y ait pas de jalousies dans mon école : elles s’entraident, se consolent, c’est de la compétition dans le bon sens du terme.

Qui sont vos danseurs de référence ?

Mon maître c’est Andrej Glegoski, un danseur Polonais qui monte des ballets dans son pays. Je prends des cours avec lui depuis que j’ai 17 ans, et je continue à en prendre à Paris. C’est important de continuer à apprendre, à garder le niveau et à profiter de certains maîtres encore en vie. La danse a évolué, elle se transmet par voix orale ; il faut garder cet héritage. Quand on voit un danseur donner des cours à 75 ans, c’est une grande leçon de vie : la passion est plus forte que tout.

Avec votre compagnie “Temps de flèche” vous avez créé des ballets ?   

J’ai créé cinq ballets dont il y a eu cinquante représentations. J’aime mélanger les styles classique/rock, intégrer des morceaux jazz ou de la musique électronique.

J’apprécie d’utiliser la richesse du vocabulaire de la danse pour raconter mon histoire, d’expérimenter pour dire quelque chose. Parfois, c’est une musique qui m’inspire, comme le Quintet de Boccherini que j’utilise dans mon prochain ballet : les danseuses
deviennent la musique elle-même. Je travaille avec Jérôme Liniger, un plasticien qui est scénographe sur ces ballets. Il fait des mises en places splendides, et il amène au spectacle un côté contemporain que j’aime mélanger avec mon côté classique.

Pourquoi avez-vous créé ces stages ?

Je prends des cours aux Hivernales, j’adore leur grande ouverture et leurs techniques, mais je suis déçue par le fait qu’il n’y ait pas de classique. J’ai eu envie de faire venir des grands profs de classique à Carpentras, car beaucoup de monde ne les connaît pas ou n’a pas les moyens d’aller les voir. Des danseurs de renom tels que Julien Lestel ou Monique Arabian nous font l’honneur de venir.

On travaille aussi sur la scénographie : l’été prochain on jouera avec les éléments du décor en fonction de ce que l’on veut exprimer. Le stage d’été a eu un grand succès, les profs étaient enchantés, Des élèves sont même venus de Suisse pour y participer car les cours sont de qualité. C’est un bon moyen de faire connaître Carpentras.

Ville de CARPENTRAS
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