

Dessinateur puis scénariste de Bande Dessinée (il sort son 170ème album cette année!), il est le rédacteur en chef de « Pif Gadget » depuis sa reparution en mensuel en 2004, et créateur de l'événement « Bistro BD ».
J'ai toujours voulu faire de la BD. J'en lisais pas mal grâce à mon frère, qui est devenu égyptologue : comme quoi ça mène à tout la BD ! A la base, j'étais dessinateur, puis j'ai commencé à raconter mes histoires car ça me plaisait. Quand on est scénariste, on peut aborder plus de thèmes, on peut tout faire, c'est ça qui est intéressant.
Quand j'étais petit, c'était Spirou de Franquin, Gil Jourdan de Tillieux, Pépito de Bottaro ou encore Cocco Bill de Jacovitti. Mais surtout des BD franco-belges et italiennes. Ma découverte des BD américaines a aussi été un choc. Mais bon, les gars en collants moulants qui grimpent partout ça m'a vite cassé les pieds !
Je me nourris de tout : de la vie, du cinéma, de la documentation, de la musique... J'ai lu des auteurs comme Marcel Aymé, Céline, Jim Harrison... qui n'ont rien à voir avec la BD mais qui nourrissent votre imaginaire. J'aimais assez la Science-Fiction et les polars quand j'étais jeune, c'était marginal : ça donnait l'impression d'appartenir à un monde à part, comme la BD. Je lis de tout sauf des bouquins d'économie ! Plus tard, c'était Reiser, puis Gébé avec sa BD, et le film qui en découle L’an 01, et sa philosophie : il faut voir les choses telles qu'elles devraient être et non comme elles sont, il faut réfléchir à ce qu'on pourrait faire autrement ; il y a une alternative à tout ce que l'on fait.
Le magazine, qui était à l’époque hebdomadaire, a été arrêté en 1992. En 2004, on m'a proposé de le relancer en mensuel et j'ai accepté car c'est là-bas que j'ai appris mon métier. On essaye de faire revivre l'esprit et les valeurs de « Pif Gadget » et de les transposer dans le 21ème siècle. Les héros transmettaient des valeurs humanistes, de fraternité, de courage. C'était une BD « don de soi » plus
qu' egoïste, tournée vers l'humain. Plus Dr Justice que Largo Winch.
Ce n'est pas évident avec la prépondérance de la TV et des jeux vidéo. Même si ça ne dure que cinq ans, ça aura été une belle aventure.
Il y a plus de vingt ans, je voulais quitter Paris. La voiture d'un ami, un dessinateur belge, a rendu l'âme sur le chemin de la Côte d'Azur, à Carpentras. Je me suis dit que c'était un signe du destin, je l'ai rejoint. Je suis resté pour mes enfants, et aussi parce que j'ai trop de livres pour déménager! Mais ce n'est pas une contrainte : je travaille avec des dessinateurs qui vivent en Italie, au Brésil, au Danemark, aux Etats-Unis, au Japon... Internet a été un énorme progrès pour la communication. C'est une région qui pourrait vraiment être intéressante si les gens se bougeaient davantage ! C'est pourquoi j'ai créé le Bistro BD il y a trois ans.
Je voulais animer la ville d'une manière différente, autre que le sport. Ça a lieu pendant un week-end, en octobre, au “Jardin des Glaces”.
On invite une vingtaine d'auteurs et illustrateurs. Il n'y a pas de queue, pas de tickets d'entrée : les gens viennent simplement s'asseoir et discuter avec les scénaristes et dessinateurs. C'est vraiment une rencontre sympathique entre deux mondes, et grâce au soleil et au côte du Ventoux, tout va bien !
80%
d'économie d'énergie
Culture, Découvrir Carpentras
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