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Goran Bulatovic

Artiste peintre de 33 ans, Goran Bulatovic nous ouvre les portes de son univers coloré qu’il situe lui-même entre le « pop art » et le « street art ».

Quand avez-vous commencé à peindre ?

J’ai commencé par dessiner des bulles de BD très jeune avant de me mettre à la peinture vers l’âge de 17 ans. J’ai ensuite découvert Basquiat et cela a complètement éveillé mon esprit artistique. A l’âge de 20 ans j’ai intégré l’univers du « street art » sur Avignon où j’ai réalisé mes premiers graffs sur les murs. C’est à cette époque que j’ai trouvé ma « pose », c’est-à-dire mon nom de graffeur : « 100-3 », je signe d’ailleurs encore avec.

Quelle technique utilisez-vous ?

Je ne graffe plus sur les murs depuis une dizaine d’années mais je continue a utiliser les mêmes techniques. Je peins maintenant sur toile avec des bombes aérosol que je mélange à de la peinture acrylique. Au-delà de la technique, j’emprunte aussi beaucoup à la stylistique, l’imagerie, et aux messages du « street art ».

Que traduisent vos toiles ?

Mes toiles sont colorées et fluo comme les oeuvres du mouvement pop art des années 60. Cependant, les couleurs que j’utilise sont le reflet d’un état d’esprit très actuel : vouloir revenir en enfance et ne pas se prendre au sérieux. Il m’arrive parfois de traiter de sujets graves, de sujets d’actualité. J’ai réalisé quelques toiles sur le thème de la guerre des Balkans car je suis d’origine Serbe et la guerre qu’il y a eu au pays fait partie de ma vie. Ce thème est déjà sombre et j’ai voulu le traiter avec des couleurs mais cela a hoqué beaucoup de personnes qui n’ont pas compris ce décalage. En ce moment mes toiles traduisent le malaise de la société de l’hyperconsommation. Je critique les marques, j’en insère dans mes tableaux, je les détourne de leur contexte. C’est dans cette critique et dans les couleurs que j’utilise que mon style s’apparente au mouvement pop art.

Comment expliquez-vous ce parallèle entre les deux époques ?

Le pop art est né dans les années d’après guerre, les années du boom économique. A l’époque, ce mouvement critiquait la consommation de masse et présentait l’art comme un produit de consommation. Il mettait en avant le pouvoir que pouvait avoir la publicité et la télévision sur les foules. Cette idée est encore plus forte aujourd’hui : un demi-siècle plus tard, les années 2000 sont une course à l’individualisme et à la surconsommation. C’est ce que j’essaye de critiquer en utilisant les codes du pop art, qui pour moi est un courant artistique tout à fait d’actualité.

Avez-vous suivi une formation artistique ?

J’ai voulu tenter ma chance aux beaux-arts mais je n’ai pas été pris. Je me suis donc mis à étudier moi-même, en feuilletant les livres d’art. J’ai fait ma propre éducation artistique. Les oeuvres de Basquiat m’ont énormément influencé dans mon évolution. J’ai l’impression d’avoir suivi la même école que lui en commençant par le graff. Je ne peux pas expliquer pourquoi mais c’est en quelque sorte mon modèle.

Où exposez-vous en général ?

J’expose aussi bien dans des galeries, des salles d’expositions, des bars… peu importe où, ce que je souhaite avant tout c’est garder ma liberté artistique. Actuellement j’expose dans une chaîne de galeries à Paris, dans une galerie à Sommières dans le Gard, et j’ai un projet avec une galerie de Perpignan. A Carpentras, vous avez déjà pu voir mes oeuvres à la MJC, ou au « petit Montmartre » et vous les verrez en 2012 lors de mon exposition à la Chapelle du Collège.

Travaillez-vous à coté ?

Je suis salarié d’une entreprise. Même si je commence à vendre de plus en plus de toiles au cours de mes expositions, la peinture reste une passion. Pour percer dans le milieu il faudrait que je vive sur Paris car les acteurs majeurs de l’art contemporain sont là-bas, mais ce n’est pas forcément mon intention. J’aimerais devenir professionnel et vivre de ma peinture mais je ne veux pas que tout se passe trop vite, je tiens à garder les pieds sur terre. Mon objectif est avant tout de me faire plaisir

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