

Guillaume Compiano, comédien en pleine ascension, revient dans sa ville natale pour y interpréter le Prince Jean, personnage phare de la pièce « ROBIN DES BOIS », en tournée à Carpentras le 22 décembre.
Le théâtre a toujours été le centre de mes intérêts. Déjà tout petit j’avais cette envie de monter sur les planches. Je n’avais qu’une idée abstraite de ce qu’était le théâtre mais j’aimais le mot, ce qu’il évoquait pour moi : les décors, la lumière, la troupe, les tournées… La vie de saltimbanque en fait, comme du temps de Molière, où les faiseurs de spectacle allaient de ville en ville pour donner au monde un peu de magie. Ces aspects-là du théâtre m’ont toujours attiré.
après le bac, j’ai d’abord suivi une formation d’arts appliqués à Marseille. Le dessin et la peinture sont deux autres de mes passions. J’ai ensuite fait une formation d’architecte d’intérieur et designer d’espace. Je menais en parallèle une activité théâtrale dans un théâtre de quartier, et j’ai eu un déclic : je ne voulais plus que le théâtre soit une simple activité, je voulais me perfectionner et en faire mon métier. très rapidement j’ai quitté Marseille pour rejoindre Paris où j’ai intégré les Cours Florent pour quatre ans de formation, dont deux en classe libre. Le théâtre est très vite devenu mon quotidien.
Les pièces dans lesquelles j’ai joué m’ont toutes marqué pour différentes raisons. Je ne pense pas qu’il y ait de mauvaise expérience au théâtre. il y a des aventures douloureuses, laborieuses, d’autres magiques et c’est ça qui fait progresser, qui pousse un comédien à se construire, à se forger un tempérament, une couleur scénique. Je garde aussi bien en mémoire et avec autant de tendresse la fois où j’ai eu un trou de mémoire de quinze secondes - et c’est long quinze secondes ! - devant 400 personnes sur un Macbeth de Shakespeare, que la fois où j’ai joué pendant un mois au fameux “Téâtre du Soleil” d’ariane Mnouchkine. Je retiens aussi la fois où nous avons joué un tcheckhov devant un public plus que restreint : ce soir-là nous étions cinq sur le plateau, mais il n’y avait qu’une personne dans la salle, fan de tchechov. il ne fallait pas se rater ! nous avons quand même joué les trois heures de spectacle pour elle comme nous les aurions jouées devant une foule de spectateurs. C’était une expérience dure et belle à la fois. Je ne vous parle pas de la fois où je suis rentré tête la première sur un pilier en béton ! J’étais censé courir sur scène mais la lumière était très tamisée. résultat : on a dû stopper la pièce car je suis parti aux urgences. Le pire, c’est que ma mère venait me voir pour la première fois au théâtre ce soir-là. Elle m’avait fait la surprise et je l’avais repérée dans le public. Ça a dû me perturber… Je réalise maintenant que la pièce s’appelait « Sainte Famille » !
Robin des Bois est une pièce pour tous, avec différents niveaux de lecture. Chacun peut se divertir pour différentes raisons car elle fait intervenir plusieurs degrés de comédies. Les enfants vont rire des cascades et des scènes très visuelles et sonores, là où les adultes remarqueront les pointes d’humour dans le texte, son côté franchement décalé et coloré et son rythme effréné. Christophe Glockner le metteur en scène, a longuement travaillé le texte et l’adaptation, les dialogues sont « au rasoir » et tous les rebondissements sont maîtrisés et ciselés. Le résultat est efficace, spectaculaire et de qualité. La pièce a déjà attiré énormément de monde au Téâtre des Variétés à Paris, qui continue à se remplir. Les personnages de cette célèbre histoire sont tout aussi travaillés que colorés. Le Prince Jean que j’interprète - le lion à la couronne dans le dessin animé de Disney que je n’ai pas encore vu ! - est un personnage génial à jouer. il est vil, lâche et profite de l’absence de richard Coeur de Lion, son frère, pour usurper sa place. C’est un imposteur. tout est possible avec lui : il peut passer d’une colère noire à une douce nostalgie en l’espace d’une seconde et osciller entre humour et terreur en aussi peu de temps. il est ubuesque et complètement fêlé.
Jouer ici à Carpentras c’est un peu un retour au pays ! Je joue souvent à avignon, lors du festival, mais je n’ai pas encore joué ici. Je pense que pour tout comédien, c’est un privilège et une chose importante que de venir jouer à l’endroit où il est né. C’est une expérience considérable et pleine de sens. Et puis, pour une raison plus personnelle, cette date du 22 décembre renforce encore plus ce sentiment.
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