Ville de Carpentras

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Jean Sala

Illustre pianiste, Jean Sala, qui a accompagné autour du monde de grandes stars de la chanson comme Henri Salvador, Franck Fernandel ou encore Mireille Mathieu, et qui a travaillé avec les grands orchestres de Franck Pourcel ou Paul Mauriat nous raconte sa longue carrière.

Comment est né votre don pour la musique ?

Nous habitions aux alentours de Marseille, à saint-loup ; ma mère était chanteuse lyrique classique, j’avais donc un piano chez moi. J’ai commencé à jouer vers l’âge de 6 ans. Quand mes parents ont vu que j’étais doué, ils m’ont fait faire des études de piano. Dès l’âge de 7 ans, j’avais un professeur particulier pour avancer plus vite. À 11 ans, j’entrais au Conservatoire national de Marseille pour en sortir à l’âge de 16 ans. On me dispensait deux jours de cours par semaine en plus de mon enseignement scolaire normal. J’ai obtenu le premier prix de piano, le premier prix de solfège, puis d’harmonie… J’aurais pu, après l’obtention de ces diplômes, me diriger vers l’enseignement ; mais ce que je voulais vraiment, c’était partir de la ville de Marseille. Et c’est la musique qui m’a permis de connaître tout ça, tous ces pays que je n’aurais jamais pu voir.

Comment a commencé votre carrière ?

Ma carrière a commencé grâce à un homme : Jean-Charles Julien, personnage important de la Côte d’azur, qui m’a fait confiance et m’a fait signer mon premier contrat de pianiste de bar. À l’époque, c’était un vrai métier. J’ai fait quelques saisons l’été sur la côte, à nice, Cannes, Monaco... Et l’hiver je faisais des saisons en suisse en tant que chef d’orchestre pianiste.

Après la Côte d’azur, vous partez sur Paris ?

Vers l’âge de 18 ans, on m’a proposé du travail sur paris. À cette époque déjà on me montrait une partition et je lisais la musique comme on lit le journal. J’avais cette aisance car mes parents m’ont formé pour que j’arrive à paris avec un maximum de connaissances musicales, non seulement le piano mais aussi le solfège, l’harmonie, la pédagogie et l’orchestration. Faire carrière dans le sud de la France était impossible, tout se passait à la capitale. De plus en plus reconnu dans le milieu, on m’a proposé des tournées européennes, puis à l’étranger : au Canada, aux etats-unis, au Japon… auprès des plus grands noms de la chanson.

Racontez-nous comment se déroulait une tournée ?

Mon impresario me contactait pour me proposer, par exemple, 40 galas à Montréal : il voulait une formation d’accompagnement. Je partais avec mes musiciens en suivant un planning bien établi, parfois pendant plus de trois mois. Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas un métier facile car ce ne sont pas les deux heures de musique que nous faisons tous les soirs sur scène qui étaient fatigantes mais bien tous les déplacements, les restaurants et les décalages horaires… et puis, à l’époque, on ne pouvait pas se permettre de faire la fête : il fallait être en forme pour assurer tous les soirs et surtout bien présenter. Pour vous donner un exemple : notre impresario passait sa main tous les soirs sur les visages des musiciens pour voir si nous étions rasés correctement !

Cette période de votre vie est maintenant révolue ?

Je suis revenu vers Marseille, à la sainte-baume, dès ma retraite il y a 10 ans, et, depuis quelque temps à Carpentras. Les tournées, c’est fini pour moi, je n’ai plus d’énergie pour continuer. Maintenant, ce qui me passionne c’est la jeunesse : rencontrer de jeunes artistes qui chantent et qui ont un timbre de voix. Je les écoute et j’essaye de leur ouvrir des portes en les mettant en contact avec mes connaissances qui sont encore dans le milieu. Je souhaite mettre à profit mon expérience et mon réseau. Pour moi c’est un bonheur. Dernièrement, j’ai fait la connaissance d’aurore Gautier, chanteuse, auteure et compositeur. Elle a un vrai talent, et, croyez-moi, vous entendrez bientôt parler d’elle !

Votre vie professionnelle ne vous manque pas ?

Je suis content de ma carrière, je ne regrette rien, comme la chanson, d’ailleurs je ne vois pas, à part la musique et le piano, ce que j’aurais pu faire d’autre. Cependant quand on quitte paris, on trouve certes le soleil ici en provence mais c’est très difficile au point de vue musical, tout se passe à la capitale. Heureusement, j’ai rencontré beaucoup de personnes ici sensibles aux sons, qui me sont chères et qui partagent ma passion. La musique créée des liens. Dès qu’on parle musique, on établit tout de suite un contact.

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