

José Puchalt, artiste peintre et professeur de dessin, est à l'initiative de l'association «Art et Vie de la rue», fédératrice de lien social dans le quartier situé entre les portes de Monteux et d'Orange.
C'est une association de cours de peinture, qui a pris une orientation plus «sociale». L' Atelier rue du Refuge est un peu comme une maison de quartier : les gens viennent boire un café, voir ce que les autres ont peint... C'est ce qui fait qu'on est dans un quartier vivant. Il y a une centaine d'adhérents de tout âge et de tout milieu, c'est un grand «melting-pot».
On organise des expositions tous les mois à la Charité, où les peintures des amateurs et des enfants côtoient les toiles de peintres plus confirmés. Il y a aussi des vernissages à l'atelier et des lectures pendant les vacances, des sorties culturelles et une «aide au devoir» pour les enfants. Chaque année, on est 300 personnes à se réunir vers le 18 juin pour un grand repas dans la rue !
C'était une nécessité : des enfants du quartier sont venus pour demander des cours. Je savais qu'ils n'avaient pas les moyens, alors j'ai consulté les adhérents afin de monter une équipe pour faire des ateliers. Ca a vite fait un effet «boule de neige». Je savais que ça représenterait beaucoup de travail, mais c'est un choix : vous dites oui ou non, en sachant que oui engage beaucoup de chose. Dans ma vie, j'ai eu la chance d'avoir des gens qui m'ont tendu la main, alors j'ai fait le choix de la tendre en retour. J'aime bien le fait que la peinture puisse être autre chose que du contemplatif : ici on est dans l'action et le contemplatif est secondaire. On est prêt à faire d'autres choses, dans la limite de nos moyens.
Il y a une carte d'adhésion pour les adultes qui coûte 10 euros. Ils choisissent un jour et un horaire pour venir prendre un cours de deux heures par semaine, à 100 euros le trimestre. C'est cet argent qui permet d'alimenter les actions annexes de l'association. Nous avons ainsi fonctionné jusqu'à l'année dernière sans subvention ! Je suis le moteur mais on est une vingtaine à faire tourner la machine. Les adhérents s'investissent bien au-delà du cours de dessin.
Par exemple, lorsqu'on fait un vernissage, chacun apporte quelque chose à manger, ou lorsque j'ai eu besoin de repeindre l'Atelier, une quinzaine de personnes sont venues me donner un coup de main... Ici on est dans un quartier plutôt défavorisé. C'est une bonne chose que des gens «qui ont réussi» prennent du temps pour les autres, comme c'est le cas pour l'aide aux devoirs.
On fait beaucoup de choses mais on manque de place ; on aimerait s'agrandir mais sans changer de quartier car ici on a établi une relation de confiance. Je souhaite organiser un concours l'été prochain, où des toiles peintes par des adultes seraient exposées dans la rue pour constituer un parcours dans la ville, pas seulement dans les grands axes. Je dois trouver des sponsors pour ce projet.
J'aimerais, petit à petit, passer la main à l'association. Je n'ai pas assez de temps pour mon métier de peintre. Je laisse peu à peu la place à un bureau motivé, je sais que je confie le bébé entre de bonnes mains. J'ai encore un regard sur l'ensemble, mais j'ai plus de temps pour peindre !
Ayant passé mon enfance à Carpentras, je m'inspire de mes
souvenirs, des formes, des couleurs et des lumières des rues et ruelles de la ville. La nature est aussi un sujet que j'aime travailler.
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nouveaux permis de construire en 2008
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