
Avec 16 titres de championne de France en natation synchronisée à seulement 19 ans, la Carpentrassienne Maïté Méjean s’entraîne maintenant à l’INSEP sur Paris et prépare les prochains Jeux Olympiques.
J’ai commencé il y a dix ans. Je regardais les jeux olympiques de Sydney à la télévision, et c’est à ce moment-là que j’ai eu envie de faire de la natation synchronisée. A 10 ans, ma mère m’a donc inscrite au club de Châteauneuf-de-Gadagne car il n’y avait pas de club à Carpentras. J’y suis restée deux ans, puis, suite à une composition, quelqu’un m’a repérée et m’a proposé de partir à Aix-en-Provence m’entraîner en équipe de France . J’ai tout de suite accepté cette offre car ce club est le meilleur de France. Les deux premières années, je faisais les allers-retours sur Carpentras trois fois par semaine, tout en poursuivant ma 6ème puis ma 5ème au collège Fabre. En 2005, lors de ma troisième année sur Aix, je suis rentrée en internat au CREPS, en minime. En septembre 2009, je suis partie à Paris pour intégrer l’équipe de France sénior à L’Institut National du Sport (INSEP), qui est le passage obligatoire si l’on souhaite poursuivre le haut niveau. Je commence ma deuxième année à l’Institut.
En période normale, on s’entraîne 5h par jour dans l’eau et on ne travaille pas les week-ends. En période de stage, on s’entraîne 8h par jour, et on dispose d’une demi-journée de repos tous les quatre jours environ. Cet été par exemple, je n’ai eu que 10 jours de vacances car nous étions en stage pour préparer les championnats d’Europe qui ont eu lieu en août à Budapest, et à l’occasion desquels nous sommes arrivées 5ème. J’aurais dû être en préparation pour la coupe du monde qui a eu lieu en septembre en Chine, mais au dernier moment, une fille de l’équipe s’est blessée au dos et comme nous n’avions pas de remplaçante, nous n’avons pas pu y aller.
Objectif Londres 2012 ! Le plus important pour notre équipe est de nous préparer pour réussir à tout prix la qualification. Seulement huit pays dans le monde seront sélectionnés pour les Jeux, en sachant qu’il n’y aura qu’un pays par continent. Il y a donc des pays qui sont bien mieux classés que d’autres mais qui n’ont pas la chance d’aller aux Jeux. Par exemple l’équipe australienne est sélectionnée d’office alors qu’elle n’est que 15ème ou 20ème mondiale. Les Anglaises sont qualifiées d’office également car c’est le pays organisateur, comme les Russes en tant que championnes du monde. Il y a donc une seule place pour quatre pays : la France, l’Ukraine, l’Italie et le Japon. Tout dépendra de notre performance aux championnats du monde l’année prochaine, lesquels nous donneront peut-être la chance d’être qualifiées.
Je voyage beaucoup : cette année je suis partie à la Réunion, en Hollande, au Japon, en Allemagne, en Espagne et en Hongrie… J’ai seulement une demi-journée pour visiter le pays, mais c’est tout de même très agréable. Si j’étais « normale », je n’aurais pas la chance de voyager autant. Il y a cependant des moments où ce n’est pas facile, comme lorsque l’on ne rentre pas chez soi pendant 2 mois, lorsque l’on est un peu coupé du monde, en stage à l’étranger, sans téléphone ni accès à internet. L’autre point négatif est que la nation synchronisée n’est pas reconnue en France, comme elle peut l’être en Espagne, où elle est l’un des sports principaux. Il y a quatre disciplines dans la fédération : l’eau libre, la natation, le plongeon, et la natation synchronisé qui est la discipline la moins considérée. A l’INSEP, tous les sportifs qui sont avec nous sont rémunérés par leurs clubs ou par la fédération. Nous, nous ne sommes pas payées, car nous n’avons pas assez de titres internationaux, et c’est très frustrant ! Certes, nous ne faisons pas assez de résultats mais je trouve qu’on ne nous donne pas suffisamment de moyens. Je ne pourrai jamais vivre de ce sport sauf si je deviens entraîneur et je ne le souhaite pas. Je vais donc continuer encore quelques années, puis je ferai autre chose car je fais des études en parallèle : cette année j’ai fait un DUT de techniques de commercialisation. Je vais certainement me réorienter, mais en attendant je me concentre sur la natation synchronisée, du moins ; jusqu’aux Jeux Olympiques.
4 000
m2 d’espaces publics rénovés