Ville de Carpentras

Réduire la taille du texteAgrandir la taille du texteImprimer la page

Martine Perrenoud, Alice Quoirin, Vanessa Depoorter

Martine Perrenoud, doreuse sur bois, Alice Quoirin, peintre en décors et Vanessa Depoorter, sculpteuse
sur bois, nous ouvrent les portes de leur atelier au 35, rue de la Monnaie.

En quoi consistent vos métiers ?

Alice : Je suis peintre en décors, un métier très ancien qui demande de savoir peindre sur tous les supports et imiter toutes les matières : le bois comme le marbre ou le cuir. Pour ma part, je suis spécialisée dans le décor intérieur. Ici, à l’atelier, je réalise beaucoup de décors sur statue et de reprise de polychromie. Je crée également beaucoup de décors sur les orgues. Le dernier en date est un orgue italien sur lequel j’ai fait une proposition artistique, avant de le peindre à la détrempe, technique particulière utilisée à l’époque. Il s’agit d’un des seuls orgues de la région où le décor a été restitué en entier.

Vanessa : Je suis sculpteuse sur bois. Je réalise les parties manquantes des objets, ou les parties détériorées. Mon travail intervient en amont de celui de Martine ou celui d’Alice. Par exemple, je viens d’ajouter ses ailes à une statue d’ange que nous sommes en train de restaurer, avant que Martine y travaille la dorure. La difficulté de mon métier est de s’adapter à la personne avec qui l’on travaille, car je ne vais pas sculpter le bois de la même façon selon qu’il est destiné à être repeint ou à être doré. Lors de la dorure, le bois est recouvert de quinze couches successives ; mon travail sera donc moins précis que s’il était consacré à la peinture.

Martine : Je suis doreur sur bois. Je fais énormément de restauration d’objets, je leur redonne vie. A l’inverse de Vanessa, qui adapte son travail en fonction de la personne qui va prendre le relais, moi je suis obligée de me mettre à la main de celui qui a fabriqué l’objet avant moi, car on ne doit jamais voir le travail du doreur. C’est pour cela que je ne me considère pas comme une artiste mais comme un artisan.

Depuis quand exercez-vous ce travail ?

Martine : Depuis l’âge de 17 ans. J’ai fait partie, durant de nombreuses années, de l’atelier de mon père qui est un ébéniste reconnu à Carpentras, puis, il y a sept ans, j’ai décidé de prendre mon indépendance en créant l’atelier de la rue de la Monnaie. L’atelier de mon père travaillait pour les monuments historiques, il était énormément sollicité. Un jour, mon père a trouvé la caisse à outil d’un doreur mais il ne connaissait pas les objets qu’elle contenait. Il a donc cherché à savoir à quoi ils correspondaient, et s’est initié à la dorure tout seul. J’avais 9 ans la première fois que je l’ai vu poser des feuilles d’or et cela m’a fascinée.

Quelles formations avez-vous suivies ?

Martine : Quand j’ai su que je voulais en faire mon métier, j’ai dû chercher des ateliers pour des formations. A l’époque où j’ai commencé il n’y avait que quatre ateliers en France, dont un au musée du Louvre. J’ai eu la chance de faire mon premier apprentissage chez un doreur sur Avignon qui m’a appris le métier, une personne fabuleuse, un faussaire de première ! J’ai continué à me former auprès d’autres doreurs avant de travailler à l’atelier de mon père et mon frère. Nous avons fait ensemble des restaurations assez prestigieuses comme l’orgue italien de Notre Dame des Doms et d’autres très beaux objets et très belles statues provenant d’un peu partout en France. J’ai également eu la chance dans ma carrière d’avoir eu entre les mains un cadre de la collection privée de Louis XV !

Alice : J’ai commencé à 17 ans en travaillant chez mon père qui est facteur d’orgue, en tant que peintre en décors. J’ai effectué d’autres stages, j’ai suivi des cours dans une école, puis j’ai voulu me perfectionner et aller voir le meilleur : je suis donc allée me former durant six mois à l’institut Yannick Guégan, meilleur ouvrier de France. Pierre Silviodo, peintre sur clavecin, m’a lui aussi beaucoup appris sur la partie de mon métier relative à la restauration et à la peinture à l’ancienne.

Vanessa : J’ai tout simplement fait une école de sculpture, j’ai donc appris à dessiner, à sculpter le bois mais aussi le plâtre.

Ce sont des métiers qui demandent beaucoup de rigueur ?

Martine : Nous sommes hyper rigoureuses dans notre travail. Rien ne sort de l’atelier si ce n’est pas impeccable ! Nous sommes de vraies professionnelles et nous voulons la perfection. Nous ne nous contentons pas de quelque chose de moyen. Nos métiers nous demandent beaucoup de concentration. Auparavant la dorure était un métier d’homme, mais la pose de la feuille d’or était toujours donnée à une femme, car il s’agit d’un travail plus délicat. Moi je fais les deux : je manipule des objets, je les porte, je les ponce... Si je ponce une pièce durant deux heures, il m’est impossible de la dorer tout de suite après. Les muscles ont une mémoire, et il ne faut surtout pas que je tremble lors de cette étape qui me demande une vraie concentration.

Alice : Cependant, même si nous sommes très perfectionnistes, je pense que nous ne nous prenons pas au sérieux et c’est grâce à ça que l’ambiance de l’atelier est décontractée.

Ville de CARPENTRAS
Mairie : place Maurice Charretier, BP 264, 84208 CARPENTRAS CEDEX
Tél : 04 90 60 84 00
Mail : mairie@carpentras.fr

www.carpentras.fr/decouvrir-carpentras/portraits/martine-perrenoud-alice-quoirin-vanessa-depoorter-1373.html