

Chef de l’entreprise de menuiserie familiale Vincent et président de Carpensud, Pierre Vincent défend les intérêts économiques des entreprises sur la zone d’activité du Marché-Gare.
Mon frère Philippe et moi sommes à la tête de l’entreprise de Menuiserie Vincent. Nous sommes une vieille famille de Carpentras, menuisier de père en fils depuis 1830, c’est-à-dire six générations. J’ai donc grandi dans les copeaux et l’odeur du bois et j’ai tout naturellement suivi cette voie, par passi
Avant, elle comptait peu d’ouvriers. C’est mon père qui l’a développée grâce à l’époque propice des Trente Glorieuses.
À l’heure actuelle on emploie 20 personnes. On travaille dans tout le département et dans les départements limitrophes. On a notamment réalisé des travaux importants pour le Pôle Santé, l’Hôtel-Dieu, l’Université et le Palais de justice d’Avignon…
L’entreprise est agréée pour la restauration des bâtiments historiques. Par exemple, on refait des menuiseries du 18ème siècle dans le respect des assemblages. C’est un savoir-faire qui fait appel à une connaissance approfondie du métier et de ses subtilités. Mais on commence aussi à créer une ligne de portes design grâce à l’acquisition d’une machine pilotée par ordinateur. Les nouvelles technologies ouvrent des portes et permettent un gain de temps si on se réorganise.
Cependant il faut pérenniser le savoir-faire pour que les jeunes puissent transmettre ce que les anciens menuisiers leur ont transmis. La partie manuelle est incontournable, la dernière finition, le dernier geste de l’ouvrier est indispensable.
Ce panel diversifié nous sauve par rapport à la crise. De plus les chantiers à moyen terme durent un, deux, trois ans… Il y a une inertie qui nous permet d’anticiper.
J’ai longtemps milité avec la Fédération du bâtiment et des travaux publics, j’ai été président des menuisiers pendant 6 ans, trésorier au CFA d’Avignon, au syndicat des bâtiments… J’avais envie de militer plus pour ma ville que pour la profession. J’ai été au bureau de Carpensud pendant trois ans, puis j’ai pris la suite de Mr Gontier en février 2008. Je me représente pour la réélection du Bureau.
Je découvre les relations politico-économiques, c’est ludique mais c’est du travail : je dois être présent pendant beaucoup de manifestations, inaugurations, conférences… Cela correspond à ma fibre syndicaliste, je pense que ça fait partie de la vie d’une entreprise de rencontrer des personnes ; seul, c’est difficile de se développer.
Mais je ne resterai pas à la tête de l’association éternellement : j’attends de voir la Rocade sud se faire et je passe volontiers la main après. C’est un challenge pour 2013 maximum.
Aujourd’hui, tous les financements des Sorgues du Comtat, de la CoVe et de la Ville de Carpentras pour la construction de la Rocade, soit 2,7 millions d’euros, sont réunis. Je dois voir le Président du Conseil Général, Claude Haut, le 27 avril pour lui demander ce qu’il peut y avoir comme raison pour ne pas la commencer. Cela fait dix ans qu’on se bat pour ce projet ; aujourd’hui il n’y a plus de barrières, tout le monde respecte ses engagements.
L’avenir des entreprises de Carpensud est fortement lié au développement du foncier autour de notre zone, lui même lié à la construction de cette rocade. Des terrains gelés à l’entrée de Carpentras seront débloqués pour réaliser une zone commerciale.
Je pense que c’est une véritable opportunité pour les commerçants du centre-ville. La Rocade fluidifiera le trafic, cela permettra de drainer la clientèle. Il faut faire en sorte que cette zone soit complémentaire du centre ville et non concurrentielle. Nous devons la développer entre Carpentrassiens, et non avec des gros centres commerciaux qui ne tiendraient pas compte des commerçants du centre-ville, c’est pourquoi ces derniers doivent être porteurs de projets, avant que d’autres ne décident à leur place.
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élèves de l'école du musique et de danse
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