

Dingue ! Romain Guibertine prend sa retraite ! C’en est fini de ses énigmes policières mensuelles. Notre journal est donc allé saluer son créateur. Mais peut-être n’est-ce qu’un « au revoir, Romain… »
Quoique originaire du Nord de la France, je suis un “faux Ch’ti”. Mais après y être né, j’ai beaucoup bourlingué, dans ma tendre enfance, depuis le nord de l’Afrique (Oran) jusqu’en terre vauclusienne, que j’ai habitée tous azimuts – Avignon et Carpentras notamment, du temps de leur vie trépidante – en passant par l’incontournable « Ville Lumière ». Durant deux ans, à Paris, j’ai tour à tour dessiné pour le journal La Vie, mais aussi et surtout dans Pif gadget, où j’ai été le dernier dessinateur du petit personnage.
Dès mon plus jeune âge, j’ai eu la passion du dessin, entretenue par les crayons de couleurs que me fournissait ma mère. Je suis devenu un dessinateur professionnel qui a touché à presque tous les genres : dessins animés, BD, encyclopédies de la BD, affiches publicitaires, décors de théâtre…
J’ai même eu le statut, chose rarissime dans l’univers de la BD, de salarié. En ce moment, je “planche” pour les illustrations d’un livre sur les insectes de la région. Mais j’ai déjà illustré le petit album sur J.-H. Fabre, paru aux Editions du Toulourenc.
Le plus fortuitement du monde, après avoir rencontré conjointement avec François Corteggianni, Francis Adolphe, notre tout nouveau Maire. Avec François qui, en 2004 fut, le créateur et scénariste du commissaire Soubeyran, et Dominique Cèbe, nous avons monté un atelier, place galonne. L’ambiance sinistre du centre-ville a eu raison de notre enthousiasme. Pour le Journal de Carpentras, j’ai été engagé ensuite et tout naturellement, en alternance avec Olivier Fiquet.
J’ai pu collaborer un temps en effet avec François pour les dessins. A Pif gadget, journal “à l’ancienne”, un très bon climat prévalait dans l’équipe des dessinateurs, qui ne se rencontraient pas que pour le “biseness”. La convivialité se poursuivait jusque dans les loisirs. Parmi mes très nombreux Maîtres, je citerai, dans l’ordre, André Franquin, le père de Spirou et de gaston Lagaffe ; Jean giraud, le créateur de Blueberry ; enfin, Uderzo et son illustrissime gaulois.
Une bande dessinée pour enfants sur l’Homère des insectes est hélas restée dans mes cartons. Mais je commence à avoir un autre “débouché” avec les communes environnantes, qui sont demandeurs d’affiches illustrées pour certaines de leurs manifestations, tout comme cette 1ère Fête du raisin Muscat du Ventoux à Villes/Auzon. Je “bosse” enfin sur un projet de BD réaliste, donc pour adultes, dont j’écris le scénario et exécute les dessins. Mais “dur, dur !” : pas au niveau de l’inspiration, mais pour pouvoir être publié. Il faut aujourd’hui compter au moins deux ans entre une signature de contrat et l’édition. “Chez nous” aussi c’est la crise, mais on en parle beaucoup moins. Mais le moral tient bon ! Foi de romain.
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