

Les compétences du Conseil Régional touchent de nombreux aspects de votre vie quotidienne. Il existe pour chaque Région des compétences obligatoires et des compétences facultatives. Voilà pourquoi votre vote est important : pour chacune de ces compétences, cʼest le Conseil Régional qui décide, agit et finance les projets. Ces décisions ne seront pas appréhendées de la même façon par les différentes listes qui se présentent. Voici les domaines d'intervention obligatoires pour chaque région :
Cʼest le domaine principal d'intervention de la Région qui coordonne sur son territoire les actions de développement économique des collectivités territoriales, mais ces dernières peuvent aussi, avec l'accord de la Région, mettre en place des systèmes d'aides économiques. L'action du Conseil Régional comprend, entre autres, la définition du régime des aides aux entreprises et la décision de leur accorder ou non.
La Région fixe les orientations du développement durable et du territoire régional. Elle définit, entre autres, les objectifs de localisation des grands équipements, des infrastructures, veille à la cohérence des projets d'équipement avec l'État et les autres collectivités... Le Conseil Régional organise aussi les transports routiers non urbains des personnes et les transports ferroviaires de la Région et gère également les ports autonomes.
La Région organise et finance les musées régionaux, la conservation et la mise en valeur des archives régionales, quʼelle peut toutefois confier aux départements. Elle endosse également la responsabilité de l'inventaire général du patrimoine culturel et organise et finance le cycle d'enseignement artistique professionnel initial.
La Région a en charge la construction, l'aménagement, l'équipement et le fonctionnement des lycées. Elle est également responsable du recrutement, de la gestion et de la rémunération des personnels non enseignants de ces établissements. Elle participe au financement des établissements universitaires, même si l'enseignement supérieur relève aussi de la compétence de l'État. Elle définit et met en oeuvre la politique régionale d'apprentissage et de formation professionnelle des personnes à la recherche d'un emploi ou d'une nouvelle orientation professionnelle.
Les conseillers régionaux seront élus pour 4 ans, au suffrage universel.
Les citoyens élisent des conseillers régionaux selon un système de scrutin mixte : il sʼagit dʼun scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire qui combine les avantages de ces deux scrutins : le scrutin majoritaire assure le gain du scrutin à la liste qui a obtenu la majorité tandis que la représentation proportionnelle permet dʼattribuer des sièges à la fois à la majorité et à la minorité.
Les listes sont déposées au niveau régional, mais les candidats sont répartis entre les départements, ce quʼon appelle les sections départementales. Le nombre de sièges à attribuer pour chaque liste est calculé au niveau régional, puis réparti entre les sections départementales, dans lʼoptique de rapprocher les élus des citoyens.
Au premier tour, la liste qui remporte plus de 50% des voix obtient le quart des sièges à pourvoir au conseil régional. Les autres sièges sont répartis de manière proportionnelle au résultat des votes, entre toutes les listes, y compris la liste majoritaire et les listes qui ont fait moins de 5% sont éliminées. Si aucune des listes nʼobtient la majorité absolue, il y a un second tour.
Au second tour, seules les listes ayant obtenu plus de 10% au premier tour peuvent se représenter. Les listes qui ont obtenu entre 5 et 10% au premier tour sont autorisées à fusionner avec dʼautres listes pour le second tour, et les listes qui ont eu moins de 5% au premier tour sont éliminées pour le second.
A lʼissue de ce second tour, la liste qui arrive en tête obtient le quart des sièges à pourvoir (ce quʼon appelle la prime majoritaire) et les sièges restant sont répartis à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages. Ces sièges sʼajoutent, pour la liste arrivée en tête, à ceux qui correspondent à la prime majoritaire.
Le scrutin régional est ouvert à tous les électeurs ; il faut être de nationalité française, âgé de 18 ans minimum au 1er janvier de l'année d'élection et être inscrit sur les listes électorales d'une commune de France (vous aviez jusqu'au 31 décembre 2009 pour vous inscrire en mairie). Il vous suffit ensuite de vous rendre au bureau de vote indiqué sur votre carte électorale, entre 8h et 18h en possession d'une pièce d'identité. Il est conseillé d'être en possession de sa carte d'électeur mais elle n'est cependant pas obligatoire.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer ou si vous nʼêtes pas présents dans votre commune d'inscription électorale, vous avez la possibilité de voter par procuration. Pour la faire établir, vous pouvez adresser votre demande soit au tribunal dʼinstance, soit au commissariat de police. En principe, vous avez jusquʼà la veille des élections pour établir votre procuration, mais les démarches doivent être effectuées le plus tôt possible pour tenir compte des délais dʼacheminement du dossier en mairie et de son traitement.

Guillaume Marrel Docteur en science politique, Maître de conférences de science politique à lʼUniversité dʼAvignon et des Pays de Vaucluse où il est responsable de la licence AES. Dans le cadre de cette formation, il anime actuellement une enquête pédagogique sur les élections régionales de 2010 (EPER 2010), en collaboration avec des étudiants dʼAix, Montpellier et Lyon.
Pourquoi voter aux élections régionales ?
Voter reste encore aujourdʼhui la meilleure manière de faire valoir ses idées et ses intérêts dans la vie démocratique française. Participer à la nomination des assemblées et des exécutifs régionaux, cʼest orienter lʼaction dʼune collectivité territoriale qui dispose dʼune grande autonomie financière et de larges compétences, parmi lesquelles lʼenseignement secondaire (lycées), lʼenseignement supérieur et la recherche, la formation professionnelle et lʼapprentissage, le développement économique et encore lʼaménagement du territoire, les transports et la santé, la lutte contre les discriminations et le développement durable. Pour la 5ème fois, les Français vont élire leurs conseillers régionaux, la Région est donc une collectivité récente, mais désormais légitime qui ne mérite pas le faible intérêt des citoyens à son égard. Elle est souvent innovante en matière de démocratie participative et sʼimpose comme une arène représentative où le profil des élus est beaucoup plus proche de celui de ses électeurs quʼà lʼAssemblée Nationale ou dans les conseils généraux : le rajeunissement, la parité et la diversité y sont bien plus avancés.
Quel est l'intérêt des citoyens pour les élections régionales ?
Les citoyens ignorent généralement le nom de leur président de Région et de leurs élus. Malgré les efforts fournis en termes de communication, ils méconnaissent lʼinstitution régionale. Particulièrement forte en 1998 (44,9%), lʼabstention a sensiblement reculé aux dernières élections régionales de 2004 (37,8% au premier tour), dans le contexte politique de lʼaprès 2002 et suite à la réforme du mode de scrutin. Mais cette consultation, qui reste la moins mobilisatrice des élections locales, ne sera pas, comme il y a six ans, couplée avec des élections cantonales, le risque abstentionniste est donc fort.
Quel sera l'impact du projet de réforme des collectivités sur la Région aux prochaines élections et celles à venir ?
Lʼimpact du projet de réforme territoriale sur les nouvelles assemblées nommées en mars prochain sera limité. Toutes les dispositions actuellement en discussion parlementaire ne sont applicables quʼà lʼissue du renouvellement de 2014. Et la réforme nʼest pas un thème de campagne très porteur. Reste que ces élections de 2010 sont de toute façon les dernières avant une série de changements plus ou moins importants à lʼéchelle régionale, et notamment la fusion annoncée des mandats cantonaux et régionaux, au profit de nouveaux « conseillers territoriaux » élus pour la plupart dʼentre eux au scrutin uninominal. On peut se demander si un tel projet ne risque pas de mettre fin à lʼexpérience politique des régions françaises initiée en 1986.
4 000
m2 d’espaces publics rénovés