Des menuisiers de père en fils depuis 1830 au service de l'inguimbertine

Information générale

Certains trésors en bois de l'Inguimbertine, avant de passer des anciens bâtiments boulevard Albin Durand aux moins surannées salles de la future partie muséale de l'Inguimbertine, avaient bien besoin d'un peu d'huile de coude pour retrouver leur lustre originel. La Ville de Carpentras a fait appel à l'entreprise de menuiserie carpentrassienne Pierre Vincent pour cette mission.

Un travail de fourmi en amont

Tout d'abord, dans les anciens locaux de la bibliothèque Inguimbertine, les agents du musée et des fonds patrimoniaux ont travaillé sur le relevé topographique des meubles et également des livres qui y sont rangés. C'est le meilleur moyen pour redéployer les collections et les rayonnages tels qu'ils étaient plus ou moins au XVIIIe siècle, pour une immersion totale du public. Au moment de la dépose de ces mobiliers, une attention particulière a été portée aux caissons de transport que monseigneur d'Inguimbert a réemployés pour en faire les rayonnages de sa bibliothèque qu'il ouvre au public. Certains, en effet, conservent des décors et des inscriptions (photo ci-dessous) d'époque. Mais intéressons-nous plus particulièrement au médaillier...

Des trésors dans un trésor

La tradition dit que ce meuble proviendrait de Joseph-Dominique d'Inguimbert. 8.000 monnaies et médailles y sont conservées, issues de la collection d'Inguimbert et des acquisitions postérieures à ce legs initial. Avant le démontage du meuble, l'ensemble de ces monnaies et médailles a donc été informatisé par l'équipe de l'Inguimbertine, puis reconditionné dans l'attente d'être de nouveau rangé à l'hôtel-Dieu. Ce médaillier contient des monnaies de l'antiquité grecque et romaine, des monnaies médiévales, modernes et contemporaines, provenant du monde entier même si l'Europe y est majoritairement représentée. Le médaillier conserve aussi des médailles commémoratives, surtout du XIXe siècle. Ces 8.000 monnaies et médailles sont des ressources privilégiées pour découvrir l'histoire.

Une restauration minutieuse

L'entreprise Pierre Vincent s'est tout d'abord chargée d'identifier le travail à réaliser sur ce meuble unique. En tout ce médaillier a nécessité un travail d'un mois et demi de la part d'un spécialiste. Il a dû tout d'abord dépoussiérer le meuble ancien et bien étudier l'usure de ce dernier afin de reproduire les effets formés sur le bois. Il a fallu faire des tests pour trouver la bonne teinte de patine. Ensuite il a fallu créer des côtés, inexistants jusque-là, qui puissent paraître aussi anciens que le reste du meuble. Et pour l'avoir vu en vrai, nous pouvons vous dire qu'il est impossible pour un non-averti de remarquer la différence ! Le menuisier en charge de ce travail a réussi à travailler le bois en le frappant pour simuler les empreintes du temps et en le patinant avec des produits adaptés. Ensuite il était nécessaire de s'attaquer aux très nombreux tiroirs à médailles...Chacun de ces tiroirs contient un présentoir à médailles en cuir. Il a fallu nettoyer ce cuir pour raviver sa couleur et également trouver les bons boutons de tiroir lorsqu'ils manquaient à l'appel.