Remise des manuscrits de Marie-Thérèse Chalon à l'Inguimbertine

Information générale - Culture

En 1976, la Carpentrassienne et maman de l'écrivain Jean Chalon, Marie-Thérèse Chalon (1902-1978) publiait chez Stock "Une vie comme un jour" dans lequel elle évoquait les souvenirs de sa vie à Carpentras et dans le Comtat Venaissin au coeur du XXe siècle. Ce sont les manuscrits de cet ouvrage que la Ville de Carpentras a reçu aujourd'hui en don pour la bibliothèque de l'Inguimbertine.

Ce matin avait lieu la conférence de presse pour signaler le don des cahiers dans lesquels Mme Chalon a écrit son livre. Son fils n'ayant pu venir pour raison de santé, c'est un ami, Mr Bernard Mondon, rédacteur en chef du magazine Les carnets du Ventoux, qui s'est chargé de raconter, avec brio, la vie de ces deux personnes et le contexte de ce don.

Dans son livre, écrit d'un beau style, clair et limpide, Marie-Thérèse Chalon témoigne de son enfance heureuse dans une ferme à 2 km de Carpentras, puis de son installation dans le centre de la ville où elle a tenu un commerce pendant plusieurs décennies, rue Porte de Mazan.

Préfacée par Robert Sabatier, cette autobiographie a connu un beau succès lors de sa sortie, couronnée du prix Broquette-Gonin décerné par l'Académie française.

Marie-Thérèse Chalon a marqué l'opinion lorsqu'elle est invitée, le 11 juin 1976, sur le plateau d'Apostrophe, l'émission télévisuelle présentée par Bernard Pivot. Notre modeste Carpentrassienne y montre un naturel et un aplomb remarquables. Pour rappel, une rue de Carpentras porte le nom de Marie-Thérèse Chalon.

Le fils de Marie-Thérèse Chalon, Jean Chalon, célèbre écrivain et journaliste, a souhaité faire don à l'Inguimbertine du manuscrit de ces mémoires. Ce sont quatre cahiers remplis d'une belle écriture à l'encre bleue qui viennent enrichir le fonds des manuscrits de la vénérable bibliothèque carpentrassienne. Aux côtés des autres sources authentiques, ces quatre cahiers constitueront un témoignage direct, sorti de la main de Marie-Thérèse Chalon, mis à la disposition des historiens d'aujourd'hui et de demain soucieux de comprendre le Comtat Venaissin et le XXe siècle.

Extrait des mémoires : "Un beau jour, il fallut songer à m'envoyer à l'école. Dans le voisinage, les enfants allaient à l'école " laïque " ou à l'école libre pour filles et garçons. Mon père voulut que j'aille à l'Ecole supérieure. Ma langue maternelle était le provençal. Il fallut avant cette rentrée que j'apprenne le français et certainement on se moqua de moi, car, au début, mon français devait être patoisé". (page 14)